BACHELOR COOK DESIGN_2_AR_0606

Bachelor européen de cook designer : du beau et du bon

Un régal pour les yeux et un régal en bouche… telle pourrait être la devise des desserts concoctés par Amélie Rouvière. La jeune pâtissière, âgée de 28 ans, du restaurant Le 46 à Avignon s’active dès 9 heures du matin pour concevoir le dessert du jour : aujourd’hui l’abricotine. Prenez des abricots rôtis caramélisés, de la panacotta à la verveine, du granité verveine-abricot, des éclats d’amandes caramélisées, un cake abricot-pistache à l’huile d’olive… puis assemblez le tout et montez-le à l’assiette. Car oui, il y a deux types de desserts : la pâtisserie ou le dessert à l’assiette. Et le chef du restaurant ne s’y trompe pas : « Amélie nous apporte de la nouveauté, de la création et de la modernité. Elle a ce quelque chose en plus dans le dressage, la création et l’accord des couleurs », souligne Antoine Tamekloe, chef du restaurant Le 46. Le gérant du restaurant, Nicolas Martin, voulait d’ailleurs « quelqu’un qui maîtrise la pâtisserie et qui aille plus loin dans la recherche et le dressage des assiettes ».

De l’art plastique à l’art culinaire

Après un bac littéraire à Tarascon, Amélie Rouvière part en licence d’arts appliqués à Nîmes. « J’y apprends le design graphique, l’espace, l’ergonomie et un peu le design culinaire avec la création de 3D, maquettes, projets et travaux autour de la culture du design », raconte-t-elle. Après cette formation, elle s’expatrie 8 mois comme fille au pair à Manchester (Royaume-Uni). « J’ai beaucoup cuisiné là-bas et au final ça m’a plu. En rentrant une copine m’a parlé de l’École Hôtelière d’Avignon. J’ai consulté leur site internet et je suis tombé sur cette formation de bachelor européen de cook designer qui m’intéressait particulièrement, car elle alliait photographie, graphisme, création, réinterprétation de plats, etc. » explique Amélie Rouvière.

Bachelor européen de cook designer, l’art dans tous les sens

« Comment faire un millefeuille revisité ? Comment, à partir d’une liste d’ingrédients donnés, créer un plat original ? Cette formation nous a poussés à nous dépasser dans la créativité, l’imagination », relate Amélie Rouvière. Les étudiants ont dû mener à bien des projets, via la réalisation de planches, la prise de photos artistiques, autour de thématiques comme « ça fait du bruit ! ». Amélie Rouvière insiste : « Il faut aimer la photo, le design et la cuisine pour suivre cette formation. » Philippe Hérodote, responsable de formation à l’École Hôtelière d’Avignon, explique que « nous voulions casser les codes, introduire de nouvelles tendances en cuisine. Ici on parle de storytelling pour mettre en scène le produit, on fait de la photographie culinaire, on donne des cours de journalisme, d’architecture, de décoration d’intérieur. On y a fait même du théâtre pour aider au développement personnel. » Faire appel à la créativité, c’est ce qui pourrait résumer l’esprit de ce bachelor européen de cook designer.

Le maître mot dans cette formation c’est : éclate-toi ! Philippe Hérodote

Le 46, un terrain de jeu

Amélie Rouvière a construit son expérience au travers de ses stages et de ses premiers boulots : Pré Gourmand à Eyragues, La Marine à Noirmoutier-en-l’Ile, C’est ma food un studio culinaire dans l’agence de communication Semaweb, L’Oranger à Boulbon, la table d’hôte de La Mirande à Avignon. « J’ai mis un peu de temps à me libérer de l’appréhension que j’avais à faire des desserts. C’est beaucoup de précision. Il faut que le rendu soit parfait, car c’est la note finale du restaurant », souligne Amélie Rouvière. Désormais elle prend beaucoup de plaisir à confectionner de nouveaux desserts. Abonnée à Pâtisserie et Compagnie, elle regarde des assemblages de saveurs dans ce magazine et s’inspire de visuels modernes sur Pinterest.

Du boulot pour les cook designers

80% des diplômés travaillent dans des restaurants étoilés. 20% poursuivent leurs études en arts appliqués, en anthropologie alimentaire, ou travaillent dans l’événementiel. « A la sortie, l’emploi est assuré ! » s’enthousiasme Philippe Hérodote. D’ailleurs, pour rester dans le coup, l’École Hôtelière d’Avignon vient de mettre en place un cook lab. Ce lieu est dédié à l’innovation, aux échanges et à l’organisation d’événements. Actuellement le cook lab est virtuel. Mais il pourrait devenir bien concret en 2019 grâce au travail partenarial avec les étudiants de Kedge, l’école de commerce située sur le même campus. 50 000 euros seraient nécessaires pour aménager ce cook lab au sein de l’École Hôtelière d’Avignon. La structure envisage d’acquérir des imprimantes 3D, une cuisine d’essai.

Objectifs : faire de l’innovation culinaire et mettre le lieu à disposition des chefs de la région.