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Château Gigognan : l’oenovation, un concept pour fidéliser

41 hectares de Côtes du Rhône, 40 hectares de Châteauneuf-du-Pape, le Château Gigognan peut compter sur une production de 180 000 bouteilles chaque année. Actuellement 70% de sa production se vend en bouteille et 30% en vrac. Le Château réalise un chiffre d’affaires compris entre 1,6 et 2 millions d’euros. D’ailleurs pour le conforter, une nouvelle cave devrait voir le jour dès juin 2018. Elle s’étendra sur 1 100 m², pourra permettre la vinification de 5 500 hectolitres et l’élevage de 500 hectolitres. « Nous aurons des cuves en inox avec chapeaux flottants, des cuves en béton en forme de tulipes et des cuves en bois. Cette nouvelle cave sera plus fonctionnelle et mettra à disposition du matériel moderne, car nous avons un potentiel de production de 300 000 bouteilles », souligne Cédric Belliard, directeur du Château Gigognan.

De Gigius à Gigognan

Au commencement du Château Gigognan, l’Empire romain dominait le Sud de la France. Un légionnaire du nom de Gigius se voit attribuer les terres de Gigognan pour y bâtir un temple destiné à accueillir les voyageurs. Puis l’Antiquité laisse place au Haut Moyen-Âge. La religion monothéiste commence à s’implanter. Le temple est pillé et détruit pour laisser place à une chapelle. Gigognan jouit de la réputation de Pont de Sorgues, aujourd’hui Sorgues, et de son essor. Vergers luxuriants, viviers majestueux, jardins et ménageries sauvages entouraient ce centre de villégiatures des papes.

Les vins produits ici, à cette époque, sont plus réputés que ceux de Châteauneuf-du-Pape.

Les guerres successives, diverses occupations et le temps ont eu raison de la bâtisse. L’acquisition par un entrepreneur local, Jacques Callet, en 1996, redonne à Gigognan ses lettres de noblesse. De très lourds investissements sont réalisés et la construction d’une cave de vinification en 1998 réhabilite le passé viticole du domaine. Au décès de celui-ci, son épouse met le domaine en vente. Il est racheté par Jean-François Hénin, le Mozart de la Finance, notamment président du directoire de Pacifico. Avec lui, le chiffre d’affaires pourrait doubler d’ici 2022.

L’ère moderne

Pour agrandir le domaine, 8 hectares ont été achetés sur Châteauneuf-du-Pape en 2017. Château Gigognan produit deux appellations : Côtes du Rhône en rouge, blanc et rosé, et Châteauneuf-du-Pape en blanc et rouge. « Nous sommes en pleine phase de restructuration de notre vignoble. 8% vont être restructurés chaque année. L’objectif est de monter en gamme sur le raisin pour avoir une vinification plus efficace », raconte Cédric Belliard, directeur du Château Gigognan.

60% de la vente se fait à l’export, 40% se répartissent entre la vente directe (caveau, internet et par correspondance), les cafés-hôtels-restaurants et les cavistes.

Le domaine participe à différents salons : « Les vignerons indépendants » à Paris en mars et en novembre, « Le printemps de Châteauneuf-du-Pape » en avril, et des salons professionnels (« Pro Wein » à Düsseldorf, « Vinisud » à Montpellier et « Découverte en Vallée du Rhône » à Avignon). Château Gigognan a aussi misé sur une production bio. « 100% de la production est bio et certifiée par Ecocert. Nous avons obtenu également une certification Terra Vitis pour notre démarche de viticulture durable », explique Alexandra Bourgoin, responsable communication et œnotourisme du Château Gigognan.

Du vin, mais pas que…

Si 90% du chiffre d’affaires est issu du Château Gigognan, 10% provient de l’œnotourisme. Le domaine s’appuie sur cinq chambres d’hôtes et trois de plus d’ici juin 2018. 350 m² vont être également libérés avec le déménagement de la cave. Cela permettra de créer une salle de réception pour séminaires, mariages et autres… Car des événements, il y en a un peu toute l’année : la chasse aux œufs en avril, la soirée « cultures » en septembre lors des journées du Patrimoine, la « Murder Party » en octobre pour Halloween.

Ce que nous voulons par-dessus tout, c’est faire vivre une expérience au Château Gigognan via un tourisme immersif. Alexandra Bourgoin.

Les « œnovations » sont ainsi nées en 2017. Elles consistent à créer un assemblage qui sera validé par un jury, puis élevé et mis en bouteille. « Les clients peuvent faire le travail d’un vigneron et se projeter sur une cuvée. Pour tisser une relation commerciale privilégiée, nous les faisons venir au château pour l’assemblage, puis pour un apéro brainstorming autour du nom et de l’étiquette, pour les vendanges, pour accompagner la promotion suivante et enfin pour la mise en bouteille », conclut Alexandra Bourgoin. La première cuvée « L’Unique » devrait être disponible en juin 2018. L’opération « Les oenovations » a été sélectionnée pour participer à Tourisme Innov, un dispositif de promotion des projets touristiques innovants, porté par la CCI en partenariat technique et financier avec la Région Provence Alpes Côte d’Azur.